Une grande photographe : Dorothea Lange

par Michel Carlué  -  12 Janvier 2013, 08:00  -  #Grands photographes

 

 

 

Dorothea Lange (1895 - 1965) était une photographe documentaire américaine et une photo-journaliste. Elle contracta la poliomyélite à l'âge de 7 ans qui lui provoqua une claudication permanente. Son père l'abandonna précocement, ce qui constituera l'un des deux plus grands traumatismes de son existence. 

 

 

 

 

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Dorothea étudia la photographie à l'université de Columbia à New York. Elle y travailla simultanément pour de nombreux studios dont celui d'Arnold Genthe, qui était un célèbre photographe. Peu de temps après avoir obtenu son diplôme elle déménagea à San Francisco, en Californie. Elle y ouvrit avec réussite un studio. L'arrivée de la Grande Dépression économique de 1929 l'obligea à délaisser son studio pour pratiquer la photographie de terrain. Le FSAC (Farm Security Administration) apprécia ses clichés de personnes en détresse sociale (chômeurs et sans-abri). C'est cette pratique photo-journalistique qui la rendit célèbre.


 

En 1936, Dorothea Lange fit partie de la dizaine de photographes chargés par le président Franklin Delano Roosevelt de témoigner sur la détresse sociale durant la Grande Dépression aux Etats-Unis, une période qui débuta avec le krach boursier de 1929. Au mois de mars, la photographe réalisa une série de six portraits de Florence Thomson, une sans-abri qui survit à grand-peine près du camp de trieurs de pois de Nipomo (Californie). Cette jeune veuve de 32 ans, mère de sept enfants, marquera les esprits par sa beauté et sa dignité. La photo sera publiée de nombreuses fois sans attirer l'attention, avant de devenir une véritable icône du photo-journalisme social.

 

Les photos de Dorothea Lange constituent un témoignage de très grande valeur sur la souffrance humaine lors d'une période de crise économique aiguë liée à un système capitaliste cynique (rien n'a fondamentalement changé à ce propos en 2013) combinée à une crise climatique de sécheresse extrême dans les états du centre sud des USA.

 

 

 

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J'ai été à titre personnel très marqué par la lecture du roman de John Steinbeck  - les Raisins de la Colère -  qui relate les souffrances sociales d'une famille d'agriculteurs qui n'a d'autres ressources pour survivre que de migrer de l'Oklahoma vers l'ouest des Etats-Unis, la Californie, à la recherche désespérée de travail et donc de moyens de subsistance. Les photographies de Dorothea Lange sont en parfaite complémentarité avec le roman de Steinbeck ainsi qu'avec le film éponyme qu'il a inspiré et dont Henry Fonda est l'acteur principal et John Ford le réalisateur. Comme le photographe Lewis Hine, Dorothea a éprouvé une forte empathie pour les humains en souffrance sociale. Ses magnifiques photographies en noir et blanc éliminent le superflu pour transmettre l'émotion pure et l'admiration pour des humains en lutte afin de survivre avec courage et dignité.

 

 

 

 

 

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Florence Thomson : "Migrant mother"

 

 

 

 

 

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Florence Thomson

 

 

 

 

 

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Dorothea Lange - A crew of two hundred colored hoers were b

 

 

 

 

 

Dorothea Lange, Drought refugees from Oklahoma camping by t

 

 

 

 

 

Dorothea Lange - Carrot pullers from Texas, Oklahoma, Misso

 

 

 

 

 

Dorothea Lange Dust Bowl farm. Coldwater District north of

 

 

 

 

 

Dorothea Lange - Family living in shacktown community, most

 

 

 

 

 

Dorothea Lange - Five members of Ola self-help sawmill co-o

 

 

 

 

 

Dorothea Lange - Grandson of Negro tenant whose father is i 

 

 

 

 

Dorothea Lange - Klamath Basin potato farmer. He remembers

 

 

 

 

 

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Dorothea Lange - Louisiana Negress, 1937

 

 

 

 

 

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Daniel 23/08/2013 12:07


Perso, je travaille dans l'environnement. J'ai fait des études en agriculture, et je travaille beucoup avec des agriculteurs.


Et j'ai jamais vu d'agriculteurs, ni de pauvres d'ailleurs, aussi propres, ni aussi bien manucurés, ni aussi bien habillés, ni aussi bien coiffés ... en plein milieu de leurs travails !!!


D'ailleurs, les gens sur ces photos n'ont pas le visage buriné par le travail des champs, ils ne sont pas bronzés, n'ont pas les traits fatigués ...


Tout ceci sent la mise en scène la plus complête !!!!


Pour finir vous écrivez "lors d'une période de crise économique aigüe liée à un système capitaliste cynique (rien n'a fondamentalement changé à ce propos en 2013)"...


Peut-être un peu de culture économique vous ferait du bien :


- La crise de 29 est arrivé car l'état fédéral américain a inondé le marché de dollars (il a fait tourné la planche à billet plein pot) pour créer une demande de biens et de services à crédits
!!! La crise n'était pas capitaliste, mais étatique.


- La crise des subprimes de 2008 est du la volonté de Clinton de permettre aux gens sur le BS (équivalent de notre RSA) d'chter une maison. pour ce faire il a ouvet grand les vannes du crédit
fédéral via les deux entités étatiques (caisse d'épargne) Fanny Mae et Freddy Mac qui ont accordé des prêts à des gens insolvables. Prêts garantis par le Trésor américain !!! Lequel Trésor
émettait ensuite des OAT (bons du Trésor) pour remplir ses caisses !!! La crise des Subprimes est donc une crise étatique pas capitaliste.


- la crise actuelle (2010- 2013) est une crise de la dette. Ce qui veut dire que les états dépenses bien plus qu'ils ne gagnent. Et pour payer ils empruntent de l'argent sur les marchés
financiers. Mais toutes dettes contractées doit être payée !!! La crise actuelle est une crise étatique !!!

Michel Carlué 12/09/2013 18:26



Bonjour pour commencer (la moindre des civilités)


Il me semble que vous construisez votre commentaire sur une tonalité pour le moins abrupte, agressive et anonyme. Chacun ses goûts. De plus vous ne semblez pas très positif et j'use là d'un doux
euphémisme.


Vous n'aimez pas les photographies de Dorothea Lange. C'est votre droit le plus strict mais ne mettez pas en cause l'objectivité d'une reporter photographe entièrement dévouée à la cause de ceux
qui souffrent, s'il vous plaît ! Les paysans sont des personnes (mes grands parents en faisaient partie) et en tant que personnes ils sont dignes d'intérêt et dignes tout court et tentent de se
montrer sous leur meilleur jour. Les photos le prouvent avec évidence. Les clichés en noir et blanc magnifient les êtres et les choses, il n'y a donc rien d'extraordinaire à ce que les stigmates
de la misère et de la souffrance y soient moins apparents que lorsque l'on utilise la couleur. De plus la technologie photographique de l'époque, et en particulier les émulsions argentiques peu
sensibles, n'autorisaient que des photos posées. Vous devriez vous informer avant que d'écrire n'importe quoi !!!!


Quant à ma culture en matière économique elle vaut sans doute bien la votre, lisez les articles qui lui sont consacrés sur le blog. Je n'ai jamais dit que les états n'étaient pas en cause dans la
crise économique de 29 et dans celle qui nous touche actuellement. Vous semblez jouer avec les mots. La crise est le fait de la spéculation. La dette est spéculative et vous l'avez bien écrit !
Les états sont endettés auprès de qui ? Des spéculateurs de tous poils bien évidemment. Je dirais donc que les crises sont le reflet d'une société capitaliste qui spécule sur le dos de ceux qui
travaillent au sens réel du terme et qui bien sûr paient leurs impôts (entre autres les intérêts des emprunts d'état) et ne planquent pas leur argent en Suisse ou dans d'autres paradis fiscaux.
Les états participent grandement à cet état de fait par leur fort taux d'endettement, bien évidemment.


Point final


 


 


Petite information issue de Wikipédia : "Les années 1920 marquent une période de forte croissance aux États-Unis et en Europe. Ainsi, entre 1921 et 1929, la production industrielle augmente de 50 %. Le « boom » boursier n'apparaît donc pas ex nihilo. Mais il est trop rapide : la hausse annuelle des cours pendant la même période est de 18 %, soit une hausse totale de plus
de 300 %. Selon l'économiste Jacques Brasseul, « le cours des titres augmente plus que les profits des entreprises, qui eux-mêmes augmentent
plus que la production, la productivité, et enfin plus que les salaires, bons derniers dans cette course. » Un élément spéculatif se développe, puis devient prépondérant à partir de 1928,
date où le cabinet Charles Merrill (aujourd'hui Merrill Lynch) recommande de ne plus s'endetter davantage pour acheter des actions, et indique : « Sans que cela constitue une
recommandation de vente, le moment est opportun pour se libérer de ses crédits ». Ce ne sont en effet plus les dividendes qui attirent les investisseurs, mais la possibilité de revendre avec
une importante plus-value, beaucoup de titres sont achetés à crédit à cette fin.


L'économie, elle, montre des signes de faiblesse dès le début 1929 : ainsi, la production automobile chute de 622 000 véhicules à 416 000 entre mars et septembre. La production industrielle, elle, recule de 7 % entre
mai et octobre. Ce ralentissement est en partie dû à un phénomène d'asphyxie : les capitaux disponibles accourent à la bourse plutôt que vers l'économie « réelle ».


Entre mars 1926 et octobre 1929, le cours des actions augmente de 120 %. Le 3 septembre, l'indice Dow Jones atteint 381,17, son plus haut niveau avant 1954. Le 16 octobre, l'économiste Irving Fisher déclare : « Stock prices have reached what looks like a permanently high
plateau » (« Les cours ont atteint ce qui semble être un plateau perpétuellement élevé »)."


 


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Voilà


Continuez à agresser par vos écrits les personnes qui tentent de rédiger des articles sur un blog, elles apprécieront, sans aucun doute.    


 



mouneluna 12/01/2013 13:55


ces images sont d'une grande beauté. merci du partage.


 cette amérique là était pleine de promesses mais aussi de désespoir


Bises


Moune