Vous avez dit austérité ?

par Michel Carlué  -  7 Novembre 2011, 13:09  -  #actualités

 

 

 

Cofondateur du Collectif des économistes atterrés, Hervé Sterdyniak est économiste à l’Observatoire

français des conjonctures économiques (OFCE).

 

 


 



L’austérité, est-ce la solution pour sortir de la crise ?
 

 

Ces mesures d’austérité, qui sont appliquées en France, mais aussi dans les autres pays de la zone euro, ne feront que nous enfoncer dans la crise.

L’expérience montre que l’austérité entraîne une baisse de la consommation, une baisse de l’activité et donc une hausse du chômage. C’est un cercle vicieux qui nous mène droit dans le mur. Et qui, en prime, ne fera qu’accroître les tensions sociales et politiques.

 


Pourtant, avec une dette qui représente 80% de notre PIB, il est nécessaire de réduire les déficits ?

 
On ne va pas diminuer les déficits publics en jouant la carte de la rigueur. Compte tenu de la situation actuelle, il n’est pas anormal que nous ayons des déficits. Seule la croissance peut ramener les budgets des Etats vers l’équilibre. Il est donc impératif de mettre en place une politique de relance coordonnée au niveau européen.

Les agences de notation menacent de dégrader la note de la France…

 
Les agences de notation n’ont aucune compétence en macroéconomie. Aujourd’hui, elles s’inquiètent du niveau des déficits. Demain, elles nous sanctionneront parce que notre croissance sera insuffisante. Pour que les pays de la zone euro ne soient plus exposés à la spéculation et au marché, la Banque centrale européenne devrait être en mesure de garantir les dettes publiques. Si c’était le cas, la faillite d’un Etat serait inenvisageable, et les agences de notation n’auraient alors aucune prise.

Comment faire pour sortir de la crise ?

 
Il faut récupérer les 8 points de croissance perdus à cause de la crise. Et relancer l’investissement, en l’axant sur les secteurs des nouvelles technologies, des énergies renouvelables, de la rénovation urbaine ou sur la réindustrialisation. Pour financer ces investissements, il faudrait créer une nouvelle banque européenne en faisant appel aux 455 millions de citoyens européens contre une rémunération garantie. Il faut envisager une harmonisation fiscale au niveau européen, taxer la finance et revenir sur les réductions d’impôts octroyées aux plus riches.