Points de vue, interrogations et convictions politiques

par Michel Carlué  -  5 Novembre 2011, 19:05  -  #Billet d'humeur

 

 

Bonjour aux chers internautes de passage

 

 

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Je vous communique un message adressé par un lecteur et reçu récemment par courriel au journal "Le Populaire du Centre".

 

 

 

Cher François Hollande,


Vous portez aujourd'hui le seul espoir réel de changement qu'espèrent les Français et celà vous oblige à ne pas nous décevoir.

 

Quand vous avez évoqué votre souhait de "réenchanter" nos compatriotes, sachez que ces derniers - pleins d'un bon sens terrien - ne vous en demandent pas tant en cette période de crise !

 

Ce que nous attendons avec impatience, c'est de la justice sociale, le rétablissement de la sécurité dans les quartiers où vivent nos concitoyens les plus modestes, une fiscalité équitable qui ne "serve pas la soupe" "aux nantis", des aides aux entreprises qui investissent et qui embauchent pour produire plus et mieux ici, une véritable politique de santé publique qui garantisse à tous l'accès aux soins, une fonction publique réhabilitée dans ses missions sans qu'il ne s'agisse pour autant de combler "le tonneau des Danaïdes" par des promesses de recrutement illusoires et intenables.

 

Car, et celà ne vous aura pas échappé, la crise - que nous le voulions ou non - est bien là ... et tous les "yaka" et les "faut qu'on" n'y changeront rien !

 

La dette publique de plus de 1600 milliards d'euros, que vous auront laissé tous les gouvernements de gauche et de droite depuis plus de 30 ans, ne vous laisse que peu de marges de manoeuvre et vous oblige à beaucoup de sérieux et de prudence au service de quelques véritables priorités.

 

Alors, rappelez-vous que nous sommes très nombreux à ne plus croire aux Pères Noël de tout poil et ne nous décevez pas, car la gauche serait encore condamnée à faire de la figuration pendant de nombreuses années et que nous devrions endurer une nouvelle fois cette droite arrogante et injuste.

 

Christian 66

 

 

 

Cette missive m'interpelle. Elle est empreinte d'une certaine lucidité, légèrement pimentée d'espoir mais tout de même teintée d'un soupçon de résignation.


Je m'explique.

 

La lucidité c'est de demander aux hommes ou aux femmes politiques d'abandonner leurs propos démagogiques, trompeurs et manipulateurs sciemment utilisés à des fins électoralistes. En ce qui concerne François Hollande, bien que son visage et son humour me soient sympathiques, ses propos enflammés et lyriques sont démodés et désagréables. Un phrasé naturel serait plus persuasif et obligerait le candidat à ne pas se laisser aller à de vagues considérations accompagnées de promesses et de projets illusoires.

 

L'espoir de changement semble bien mince d'après ce lecteur. Tout au plus peut-on espérer de la gauche un peu plus de justice sociale, une aide aux entreprises locales qui le méritent et une reprise en main de la politique de santé et du secteur public. Tout cela dans la limite de possibilités financières bien limitées, évidemment.

 

Peut-on se résigner à considérer qu'il n'y a que très peu de marges de manoeuvre et que, de toute façon, si l'alternance se présente, il ne faudra pas en attendre de miracles ? Cela est certainement vrai dans le système libéral et mondialiste qui nous imprègne. La finance internationale et la loi du marché sont reines. Nous n'entendons plus parler que de problèmes monétaires, de banques, de dettes ou plus discrètement de profits éhontés pour d'autres. Quelle est la place de l'homme dans ce fatras ?

 

Notre journaliste amateur a, me semble-t-il, une perception un tantinet fataliste des problèmes actuels. Nul ne peut lui en vouloir car, face aux évènements qui nous agressent journellement par le biais des medias, nous courbons l'échine. Rien n'est possible, au dire de la classe politique, dans ce contexte économique. La messe est dite, circulez et acceptez sans sourciller les plans d'austérité qui vous sont ou bien vous seront imposés !

 

L'exemple Grec en est une effrayante illustration. Ce peuple est mis au banc des mauvais élèves de l'humanité. Il doit plier et accepter une série de plans d'austérité au nom de la sauvegarde des intérêts des pays du G20. En quoi le citoyen lambda de cette petite entité nationale est-il responsable de cet état de fait ? Y-a-t-il eu un seul gouvernement d'Europe ou d'ailleurs pour conseiller à la Grèce de ne pas se lancer dans l'aventure de l'organisation des jeux Olympiques d'Athènes, en 2004 ? Non, il n'y en a pas eu !  

 

Je cite wikipedia à ce propos : "Sous la pression des médias étrangers, des sponsors, de certaines nations craignant pour la sécurité de leurs athlètes et du CIO, mais également pour des questions d'orgueil national, le gouvernement grec et le comité organisateur (Athoc) ont mis les bouchées doubles pour rattraper le retard. Cela s'est traduit par une hausse sensible des coûts (effectifs accrus, heures supplémentaires, polices d'assurance…), mais aussi par une augmentation des accidents du travail. Certaines ONG ont ainsi dénoncé le recours massif à une main-d’œuvre étrangère illégale pour pallier les insuffisances du bassin d'emploi local. En l'absence de contrôle des inspecteurs du travail, ces accidents auraient coûté la vie à au moins vingt personnes.


En d'autres termes existe-il une véritable solidarité Européenne en dehors de celle liée aux stricts problèmes financiers ? J'en doute. Depuis quelques années l'Europe n'avance pas, pas plus au sens politique qu'aux sens économique, industriel et encore moins social. Les pays membres se replient derrière leurs prérogatives et leurs égoïsmes nationaux. L'Angleterre n'est Européenne que lorsqu'elle en retire des avantages mais elle n'est fondamentalement que très peu solidaire. Nous ne percevons d'une Europe sporadiquement active et volontariste que le couple Franco-Allemand et cela est fâcheux.

 

Prenons un autre exemple d'une Europe cynique fondée sur la suprématie de la finance et de la technocratie financière. L'Union Euroéenne a entériné récemment une décision de baisse drastique des fonds du Programme d'aide alimentaire aux plus démunis. Quelle image l'Europe donne-t-elle de ses capacités à se mobiliser pour les plus pauvres, rien d'autre qu'une perception désastreuse et affligeante. L'Europe ne se fera pas contre les populations !

 

Nul doute que l'UE devra se ressaisir très vite et je doute fortement d'une coalition Franco-Allemande de droite pour accélérer l'évolution vers une Europe - employons un mot tabou - fédérée.

 

Une autre remarque s'impose, elle se rapporte à la manière dont certains chefs d'état utilisent les plateformes médiatiques et l'opportunité d'un G20 pour influencer le bon peuple. Le triste exemple donné par l'interview duelle entièrement "bidonnée" de Barak Obama et de Nicolas Sarkozy est révélatrice à cet égard. Nous avions là une mise en spectacle ridicule et indécente du spectacle de deux "amis" affichant leur épanchements affectueux en direct devant des millions de téléspectateurs. Qui pouvait donc croire à l'amitié dans ce milieu politique international et à qui pouvait profiter cette parodie ridicule ? J'aurais tendance à penser que nous étions manipulés, que ce spectacle avait été l'objet d'un savant calcul et d'une mure réflexion. J'imagine assez bien quel aurait pu être le générique du film :

- producteurs : citoyens français;

- mise en scène : TF1 (Laurence Ferrari) avec la complicité obligée de France 2 (David Pujadas);

- conseillers techniques : UMP (François Coppé) avec la collaboration de l'éminence grise conseillère Henri Gaino;

- objectif inavoué : séduire le public en faisant remonter de 6 points la cote de notre Président de la République auprès d'un électorat versatile (celui qui détermine les éventuelles alternances politiques).

 

Je terminerai en mettant en exergue l'ironie utilisée par certains membres de l'UMP à propos du fait que, pendant que Nicolas Sarkozy empoignait à bras le corps les problèmes financiers mondiaux à l'aide de ses bras musclés, François Hollande inaugurait le salon du livre de Brive. Cette remarque en dit long sur la façon dont certains de nos dirigeants considèrent avec mépris le peuple de province, les écrivains et le domaine culturel de manière générale. Nous pouvons nommer cela de l'arrogance, sans nous tromper de qualificatif.

 

Voilà chers amis, ce sera tout pour aujourd'hui. Comme vous pouvez le constater je suis profondément contrarié. Mes convictions n'ont pas changé, elles étaient déjà celles de mes aïeux et je n'ai aucune raison particulière de les renier, loin s'en faut, en ces circonstances socio-économiques.

 

Je persiste et signe.

 

Alleluia ! 


 

 

 

 

mouneluna 05/11/2011 20:28



on le serait à moins, l'interwiew croisée d'hier était a mourir de rire !! pour un peu ils allaient s'embrasser sur la bouche...


dernière minute j'apprends aux infos de la 2 que Chevènement se présente aux éléctions présidentielles.


tout compte fait je vais peut être me présenter


bisous



Michel Carlué 26/11/2011 10:17



Je voterai pour toi, c'est certain ! 


Bisous