Il fait froid .....

par Michel Carlué  -  21 Mars 2010, 23:02  -  #Billet d'humeur


Il est 19h30, vendredi, une sonnerie familière. Une voix facilement identifiable s'exprime au bout du fil. Le jeune homme me téléphone en voiture en utilisant son kit main libre, il a mis le cap plein sud afin que 300 kilomètres de route lui permettent de rejoindre sa compagne, après une semaine de travail harassante, comme il le fait tous les 8 jours.
 
 - Ca va ? Comment s'est passée ta semaine ? Pas trop fatigué ?
 
 - Beaucoup de choses ont changé en peu de temps, me dit-il.
 
Les contraintes professionnelles devenaient de plus en plus lourdes à gérer dans l'entreprise à envergure multinationale qui l'employait. Un nouveau directeur avait été parachuté pour remplacer le prédécesseur brutalement licencié.  Il en résultait une poursuite effrénée d'un rendement optimal sur tous les postes de travail. L'usine devait retrouver très rapidement un bilan financier équilibré. Les objectifs annoncés et sans cesse revus à la hausse avaient entrainés le licenciement voire même la démission d'un bon nombre de cadres. La mise en place d'un plan de sauvegarde de l'emploi (doux euphémisme) qui permettrait de supprimer quelques dizaines de postes ouvriers avait été synonyme de grève, de séquestration du directeur. Le travail avait repris, malgré tout.
 
Le jeune homme avait accepté il y a quelques mois de cela une promotion. Elle lui avait été proposée sur la base d'un poste à responsabilités multiples dans sa spécialité : - la production ; - le contrôle qualité ainsi que la recherche et développement. Il avait conscience des difficultés qui l'attendaient et ne se faisait guère d'illusions sur l'origine de cette proposition trompeusement flatteuse. La qualité de son travail était apparemment reconnue, mais les démissions en cascades des cadres pouvaient tout aussi bien expliquer le besoin immédiat de leur remplacement. Il s'était dit que l'expérience acquise en cette occasion lui serait utile et qu'il allait faire en sorte qu'elle le soit également pour l'entreprise et le personnel. 
 
Plein de bonnes intentions il s'était donc attelé à cette rude tâche. Il ne ménageait pas son temps, il en avait l'habitude et 14 à 15 h de travail journalier ne lui faisaient pas peur. Le nouveau directeur était relativement attentionné et l'encourageait parfois. Puis, les mois passants, une pression terrible s'est progressivement exercée sur le jeune homme ainsi que sur les personnes dont il avait la responsabilité. Aucun effort n'était suffisant pour contenter l'autorité suprême. Le harcèlement se mettait en place. Les coups de colère patronaux étaient fréquents, ils se manifestaient sous la forme de crises d'hystérie accompagnées de propos violents, le jeune homme était devenu l'objet de toutes les attentions agressives.
 
Les journées de travail devinrent cauchemardesques, sa sérénité dans le travail commençait à ressembler à un lointain souvenir. Les propos dévalorisants qu'il entendait à longueur de journées finirent par le faire douter de ses compétences et de ses aptitudes à exercer des responsabilités. Heureusement pour lui et pour sa santé mentale des collègues de travail vinrent spontanément le soutenir. Ils lui demandèrent s'il pensait pouvoir résister longtemps dans de telles conditions. Les stigmates d'une fatigue chronique commençaient à altérer les traits de son visage.
 
Le point de non retour était atteint et notre jeune ingénieur envisagea alors très clairement une solution afin de sortir de ce tourbillon professionnel démentiel. Fallait-il s'accrocher et continuer à n'espérer de la vie qu'une frénésie de travail sans aucune compensation familiale, sans cette somme de bonheurs élémentaires et essentiels qui constituent le sel de la vie ?
 
La question pouvait se poser comme elle se posait d'ailleurs pour bien d'autres personnes prises dans un maelström professionnel dont elles ne maîtrisaient plus rien. La vie vaut-elle la peine d'être vécue dans ce contexte ?

C'est sur ces points de réflexion douloureux mais nécessaires que notre jeune ingénieur envisagea d'entamer une procédure de rupture de contrat avec son entreprise.  
 
Plus d'humanité ne veut pas dire toujours plus de profits, toujours plus de laissés pour compte. L'homme doit-il être la chair à canon d'un système économique mondialiste, cynique et décadent ? L'évolution de notre société peut-elle se justifier si elle rabaisse l'individu au rang d'un instrument de l'enrichissement de certains par le travail de la plupart des autres ?  Ce système a trouvé ses limites, il est temps d'en redéfinir les contours. Politiciens faites donc preuve d'initiatives, de non conformisme, de générosité et surtout de sincérité ! Desserrez vos noeuds de cravates ! Peut-être y aura-t-il alors plus de citoyens mobilisés pour fréquenter les bureaux de vote.
      
Remarque : toute ressemblance avec des situations vécues par certaines personnes ne serait pas une pure coïncidence. 

Un homme en colère

 

Elisa 21/03/2010 13:30



Salut Michel!


Bon début de saison! 


Ici en Argentine, c´est l´automne ...


Amitié


Elisa



Michel Carlué 22/03/2010 17:22


Merci beaucoup Elisa,
C'est super sympa de penser à moi (à nous) pour le début du printemps.  
Je te souhaite à toi et à ta famille un automne et un hiver Argentins pas trop rigoureux. Tu pourras toujours regarder les photos du printemps Européen.
Bien amicalement
Michel 


Mouneluna 21/03/2010 11:19


Bien de jeunes cadres plein d'avenir sont pressuerisé de la sorte, pour le profit de certain "dixit  France Télécom"
c'est a vous dégouter du travail
je hais tout ces politiciens qui viennent nous donner des leçons.
néanmoins j'irais voter
bises
Moune


Michel Carlué 22/03/2010 17:18


Bonjour Moune,
je suis entièrement d'accord avec toi et je suis allé voter sans illusions, comme toi sans doute  
Bien amicalement
Bises et malgré tout peut-être espoir d'un avenir meilleur pour les jeunes et les moins jeunes.
Michel


still-life 20/03/2010 22:09


?


Michel Carlué 22/03/2010 17:08


simple coïncidence ou alors intervention supranormale ?