Fouilles à Limoges

par Michel Carlué  -  2 Juin 2012, 10:27  -  #La ville

 

 

 

 

Fouille archéologique du cimetière et de l'église Sainte-Marie de la Courtine

 


 

La destruction du restaurant Flunch, des travaux de terrassement à proximité de la Place de la République et nous voilà projetés vers un lointain passé.  Des éléments archéologiques pour le moins intéressant se révèlent au grand jour. Le chantier de la future implantation d'Eurodif est momentanément arrêté pour laisser la place aux spécialistes, mandatés par la DRAC, qui vont tenter dans le peu de temps qui leur est imparti de faire le meilleur bilan possible de tout ce qu'ils peuvent mettre à jour.

 

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A ce propos un petit article publié dans le quotidien Le Populaire du Centre".


Depuis plus d'un mois, la construction du magasin Eurodif (site de l'ex-flunch) est retardée car des vestiges archélogiques ont été mis en évidence. Des fouilles, sous la responsabilité de la Drac, sont donc en cours. Michel Toulet, président de l'association Renaissance du vieux Limoges a souhaité revenir sur l'obtention du permis de construire d'Eurodif : "La mairie l'a accordé début mai, alors qu'elle pouvait y rendre sa décision en juillet. Les choses ont été validées à une vitesse effarante ! Ce dossier est typique d'un irrespect du patrimoine archéologique de Limoges. Désormais la mairie n'a plus la main sur le chantier, elle ne peut plus rien dire".

 

 

 

 

 

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La rue de la Courtine fait partie d’un secteur particulièrement riche pour l’histoire de la ville de Limoges.

 



Durant le Bas-Empire, peut-être dès le début du IVème siècle, fut implantée une nécropole dans cette partie de la ville devenue suburbaine. Au sein de cette nécropole, un mausolée abrita, sans doute dès le Vème siècle, un culte à saint Martial, premier évêque de Limoges, mort un siècle plus tôt. Ce mausolée est aujourd’hui conservé dans la crypte archéologique située à moins de 70 m d’ici. Auprès de ce sépulcre se structura un centre religieux qui devint une abbaye en 848. C’est autour de cette abbaye que se développa la seconde ville de Limoges, - le Château -, distincte de « la Cité – établie autour de la cathédrale.

 


Sur l’emprise même de la fouille archéologique, au 1 rue de la Courtine, se situe la chapelle Saint-Marie de la Courtine, qui pourrait remonter au haut Moyen Âge. Le site de la Courtine et les parcelles environnantes ont déjà fait l’objet d’observations archéologiques par des érudits et des archéologues au XIXème et au début du XXème siècle. Les vestiges apparus à ces différents moments avaient permis de fournir des informations sur l’extension de la nécropole antique. Ainsi, furent observés des tombes d’enfants en coffre de brique, des sarcophages monilithes ou bi-partites en calcaire, en granite ou en impactite et des inhumations en pleine terre. De nombreuses maçonneries furent également observées.

 


Jusqu’à ce jour, aucune fouille n’avait cependant été réalisée dans le proche secteur de la Courtine. Les recherches archéologiques menées au cours des trois mois à venir tenteront de répondre aux questions de la mise en place, du développement et de la durée d’utilisation de la nécropole de l’antiquité tardive située à cet emplacement et dont le site pourrait constiuer l’extension méridionale. Il conviendra également de préciser les aspects liés aux inhumations encore mal connus pour le haut Moyen Âge en Limousin. Par ailleurs la fouille devrait aussi répondre aux questions qui se posent sur la structuration même de l’espace monastique, mais aussi sur celle de la ville par rapport aux espaces religieux. Elle doit enfin tenter de préciser l’évolution de la ville médiévale à proximité de la première enceinte du – Château -.

 

 

 

 

 

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Olivier 02/11/2012 17:04


C'est affligeant de voir comment limoges a tout fait pour détruire son passé. Là où d'autre villes ont conservé précieusement leurs richesses patrimoniales, limoges s'est bornée à tout faire
disparaître. Le site sera sauvegardé mais invisible aux yeux de tous, il va devenir le second site façon "toilette souterraine" après celui de la crypte saint-martial.