L'Ardèche - Aubenas

par Michel Carlué  -  15 Septembre 2015, 17:48  -  #Vieilles pierres

Géographie

Aubenas est une commune française située dans le département de l'Ardèche en région Rhône-Alpes. Elle est chef-lieu de canton et se trouve dans le sud du département. Perchée sur son éperon rocheux, la ville d'Aubenas domine la vallée de l'Ardèche. Entre l'Auvergne et la Provence, le Lyonnais et le Languedoc, elle est un véritable carrefour touristique. Sa position géographique en fait la capitale de l'Ardèche du Sud. Sa situation privilégiée entre l'Ardèche méridionale et l'Ardèche verte en fait le carrefour obligatoire entre les différents types d'agriculture, d'économie et de modes de vie.

Aubenas bénéficie d'un climat méditerranéenL'hiver est très doux et ouvre la voie à un printemps parfois précoce. La proximité des Cévennes apporte la touche montagnarde et il n'est pas rare d'entendre le vent souffler. La ville connait 2 périodes très humides (au printemps et en automne) et une sèche (en été), appelée épisode méditerranéen. 

 

Histoire

La ville est perchée sur un rocher calcaire qui domine la moyenne vallée de l'Ardèche, poste stratégique. La contrepartie en est l'éloignement de la ville de toute source d'eau. La cité fut d'ailleurs longtemps appelée la ville sans eau jusqu'à l'acheminement au XIXe siècle d'eau en provenance d'une source extérieure qui alimentait 50 fontaines réparties dans la ville.

 

Dès le Ve siècle, la colline est l'objet d'une lutte tenace entre les évêques du Puy et ceux de Viviers pour la construction d'une place forte. Finalement l'évêque du Puy sort victorieux de ce long conflit et au XIe siècle (1084) inféode cette nouvelle possession au baron de Montlaur, originaire de la montagne ardéchoise, à la limite ouest de l'actuel département de l'Ardèche.

 

Cette famille règne de 1084 à 1441 et construit le donjon, le mur d'enceinte et les deux grosses tours rondes du château qui est alors entouré de fossés. C'est pourquoi l'on appelle Aubenas « la cité des Montlaur », seigneurs qui furent à l'origine non seulement de l'essor économique de la ville, mais aussi du développement social et matériel de ses habitants. La ville se convertit au protestantisme. Après la troisième guerre de religion, elle ne laisse plus les garnisons royales entrer dans ses murs. Jean-Baptiste d'Ornano, époux de la comtesse de Maubec-Montlaur, fut vers 1628 l'organisateur des premières dragonnades, mettant en garnison 500 soldats corses chez l'habitant à Aubenas, Vals-les-Bains et dans les environs, avec pour mission de conduire les hérétiques à la messe tous les dimanches. Au début de 1629, ces villes étaient « converties » ! Le 30 avril 1670, le quartier Saint-Antoine d'Aubenas se soulève, déclenchant une jacquerie dans tout le Bas-Vivarais. Anthoine du Roure, originaire de Lachapelle-sous-Aubenas en prendra la tête, ce sera la révolte de Roure.

 

Texte librement extrait de Wikipedia

 

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A ce stade il serait peut-être bon d'approfondir quelles ont été les causes de cette révolte. Le lien suivant vous conduit vers un articlé détaillé et très intéressant de ce qui constitua un épisode révolutionnaire qui se termina dans une répression ponctuée d'exactions et de massacres horribles. 

LIEN

 

Pour résumer, la Révolte de Roure ou Révolte du Roure fut une importante révolte antifiscale de l'Ancien Régime. Elle dura d'avril à juillet 1670. Elle tire son nom de son meneur, Anthoine du Roure, propriétaire terrien et petit noble aisé de La Chapelle-sous-Aubenas dans le département de l'Ardèche. Éduqué et respecté, il avait servi dans l'armée royale.

Dans un pays très éprouvé par le problème religieux, l'hiver 1669, au cours duquel tous les oliviers de la province du Languedoc gelèrent, fut suivi d'un printemps calamiteux (grêle) qui détruisit les récoltes. Une rumeur d'impôts nouveaux - sur les chapeaux, sur les souliers, sur les chemises, sur les journées des travailleurs, sur la naissance des enfants - embrasa la région du Vivarais et mena au sac d'Aubenas. Une répression terrible s'ensuivit et Roure fut arrêté à Saint-Jean-Pied-de-Port puis roué vif à Montpellier le 29 octobre 1670. Son cadavre fut ensuite exposé sur le grand chemin de Montpellier à Nîmes et sa tête placée au-dessus de la porte Saint-Antoine à Aubenas. Une place "Jacques Roure" a été dédiée à sa mémoire à Aubenas (sur proposition du conseiller municipal Durand, en 1896) ; une autre place (place Anthoine du Roure) porte aussi son nom à Lachapelle-sous-Aubenas.

Le constat est édifiant. Il met en exergue l'influence néfaste des religieux de l'époque, leur pouvoir manipulateur sur le peuple, la violence guerrière inhérente au comportement humain, les conséquences désastreuses de l'exercice du pouvoir absolu et de la volonté conquérante d'un monarque.  

 

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Lien entre le passé et la crise actuelle

 

Nous trouvons dans ces contextes historiques tragiques quelques-uns des éléments déclencheurs de la terrible crise qui secoue actuellement le Moyen Orient et l'Europe. Les religions monothéistes  - tout particulièrement l'une d'entre-elles - prennent une importance inquiétante. Qui aurait pu penser cela au 20ème siècle mis à part André Malraux ou Jean-Paul II, encore que Malraux ne parlait que de mysticisme ? Qui aurait également pu penser qu'après les évènements atrocements meurtriers qui avaient secoué l'Europe et le monde au siècle dernier la violence armée constituerait une fois de plus un recours pour "régler des comptes". Quels sont les politiciens occidentaux qui ont sincèrement pris en compte les difficultés des pays en voie de développement et leur exploitation scandaleuse par les puissances économiques ?  L'Europe s'est-elle structurée pour répondre aux grandes exigences du 21ème siècle ? A cette dernière question ma réponse est un non sans ambiguïté. J'ai déjà écrit et je persiste encore à croire que l'Europe n'est restée qu'une belle utopie, qu'elle s'est construite trop rapidement et sur la base quasi-exclusive d'intérêts économiques, de libéralisme et de réglementations technocratiques, qu'aucune volonté réelle ne s'est exprimée afin de constituer un gouvernement fédéral au sein duquel chaque pays membre aurait abandonné une part de ses prérogatives et de son orgueil national au profit de l'intérêt commun. En fait cette crise de début de siècle est révélatrice d'un échec, celui de l'idée européenne. Ce constat est triste et inquiétant.

 

Pour ceux qui auraient eu le courage de lire ce texte insipide et peu réjouissant jusqu'au bout voici une petite compensation bien méritée sous la forme de quelques photos d'Aubenas, cette belle cité ardéchoise.

 

Bien cordialement à vous en espérant que tout aille mieux et que nous gardions l'immense espoir de voir enfin l'Europe se construire et prendre son destin à bras le corps.

 

Vous pouvez utiliser - si vous le souhaitez - le système de visualisation très pratique disponible sur cette nouvelle version d'Overblog. Cliquez sur la première photographie pour la voir isolée et en grand. Faire ensuite défiler les autres à l'aide des flèches de déplacement disponibles sur votre clavier. 

L'Ardèche - Aubenas
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Nell 16/09/2015 23:04

Re bonsoir Michel,
J'ai adoré ces vieilles portes, ses ponts qui relayent deux maisons, ces trompes- l’œil, enfin tout dans le cœur de cette vieille cité que je ne connais pas mais qui donne envie qu'on s'y attarde. Merci pour ce joli partage

Michel Carlué 19/09/2015 00:32

Bonsoir Nell,
Particulièrement content qu'Aubenas te plaise. C'est vrai que nous y étions passés un peu sans conviction en une fin de journée dont la chaleur avait été écrasante. C'était un dimanche et la ville était propice à la découverte et à la flânerie, beaucoup moins turbulente que lorsque nous y étions passé un jour de marché en arrivant en Ardèche. Le vieux quartier est très agréable, sa restauration est toujours en cours et ça promet ! :-) Bon week-end - Michel